Psycho-pensée #1 : TDA/H, polémique et expertise

Alors que je travaillais tranquillement sur le prochain article, une polémique est arrivée et, vu le sujet, je me sens obligé d’en parler.

Quel en est le sujet, me direz-vous ? Les TDA/H. Plus exactement, la scientificité de ce trouble. Vaste sujet, mais, est-ce vraiment nécessaire de faire une polémique dessus ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Pour cela, j’ai décidé de traiter la dernière source dessus. Elle me semble idéale, non seulement pour aborder ce sujet complexe, mais aussi certains autres, comme nous le verrons ensemble.

La forme de cet article sera un peu particulière, car mon objectif est d’analyser et d’expliquer le maximum d’éléments sur le sujet. Entre chaque grosse partie, une illustration permettra de faire un résumé. Elles ne sont donc pas obligatoires pour la lecture propre, mais peuvent servir de points de repères ou de synthèse pour les passages un peu denses.

Sur ce, commençons.

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Une mise au point s’impose

Contexte

Cette polémique est ressurgie suite à un article du Huffington Post, écrit par deux psychanalystes, respectivement ancien chercheur et actuelle chercheuse à l’Université Paris VII (qui est particulièrement psychanalytique, comme on peut le voir ici).

Décortiquons ensemble le contenu de cette dernière source, ainsi que ces arguments.

Ayez peur ?

Tout d’abord, on peut se demander si le but premier n’est pas de manipuler les lecteurs, car il a été écrit le 14 septembre dernier, et donc, en pleine période de rentrée scolaire.

Le titre de l’article « Ce que les parents doivent savoir sur le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité Sachez-le : ce diagnostic n’est reconnu par aucune des classifications françaises des problèmes de l’enfance » pose déjà des problèmes et se met dans une position « à charge ». La date de parution de l’article semble bien choisie, paraissant dans un contexte d’intérêt accru pour les enfants, leur bien-être et leur scolarité. Faire un article à un moment aussi critique de l’année permet donc de toucher un large public, car il est source de stress et de questionnements.

Mais analysons passage par passage pour en apprendre plus. En voici le tout début :


Votre enfant retourne à l’école. S’il est indiscipliné ou rêveur, un psychologue scolaire — ou même un enseignant — peut vous dire que votre enfant souffre de « T.D.A.H. » : « Trouble déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité ».


Hélas, il débute mal, car les deux points abordés sont faux, ou portent à confusion. Commençons par le moins grave : les enseignant-es ne peuvent pas donner un diagnostic

Bien sûr, iels peuvent alerter les parents et le psychologue (généralement scolaire) que l’enfant a un comportement différent de la norme, que cela soit visible en classe ou durant les périodes de récréation, mais en aucun cas de figure poser un diagnostic leur est possible.

Quant au deuxième point il concerne le diagnostic. Et là … Ca commence à piquer : il ne suffit pas qu’un enfant soit « rêveur » ou « indiscipliné » pour être considéré comme ayant de TDA/H.

Pour le comprendre, voyons les critères diagnostiques du DSM 5.

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Avant de critiquer, revenons à la source

DSM 5 et critères

Pour faire simple, on peut distinguer trois profils de TDA/H, avec chacun des critères précis :

  • Le profil inattentionnel, avec des difficultés à maintenir de façon volontaire son attention, à rester concentré, etc. En somme, tout ce qui est lié à la fixation attentionnelle.
  • Le profil hyperactif, qui présente des problèmes pour rester en place, pour attendre son tour, etc. Donc des difficultés pour inhiber de façon volontaire ses comportements, pour simplifier.
  • Et le profil dit mixte, qui est un mélange entre le premier et le second.

Les symptômes, remarqués par un professionnel, doivent être présents avant l’âge de 12 ans, et présents depuis au moins 6 mois dans au moins deux environnements différents.

La parole rapportée ne suffit donc pas, bien que la sphère familiale et l’école joue un rôle d’indicateur très important, comme signalé préalablement.

Cela vous semble peut-être trop « détaché » de la personne, car on se réfère à ses difficultés via des comportements observables. Mais ces repères permettent de mieux comprendre la situation, un peu comme lorsque votre médecin vous demande de donner vos symptômes face à un problème.
Pour pouvoir émettre un positionnement, quel qu’il soit, il faut utiliser en premier lieu, une démarche la plus objective possible.

Pour aider la-e psychologue, il existe une grille répertoriant les signes visibles pour les différents profils qui indique aussi des critères d’exclusion.
Il faut enlever tout ce qui pourrait expliquer, à lui seul, les symptômes cliniques observés : comportement d’opposition, mauvaise compréhension des consignes, retard mental ou autres troubles (ex. hormonaux). Tous ces critères d’exclusion permettent de poser un diagnostic qui est réfléchi et qui se veut le plus proche des difficultés de la personne.

Pour ce faire, la-e psychologue ne s’arrête bien évidemment pas aux dires des parents et/ou des enseignant-es et à sa propre observation. Afin d’appuyer son travail, iel doit également faire passer des tests différents sur l’attention soutenue, la mémoire, l’intelligence, etc. Cela permet non seulement d’avoir un aperçu plus exact de la réalité, mais aussi de pouvoir aiguiller le diagnostic et trouver des solutions. Rien que pour cette raison, l’avis d’un expert est crucial.
Et comme souvent dans les troubles de l’enfance, le diagnostic se fait grâce à une approche pluridisciplinaire. Par exemple, c’est un médecin qui pourra vérifier les troubles hormonaux des causes possibles.

En somme, un enfant TDA/H est :

  • Soit hyperactif (et ce n’est pas juste un enfant remuant),
  • Soit un enfant ayant des troubles graves de l’attention (et pas simplement « ailleurs »),
  • soit des soucis dans ces deux domaines.

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(Peut-être vous êtes vous reconnu-es dans certains symptômes ? C’est tout à fait normal. Certains comportements ou traits peuvent se rapprocher des difficultés que nous sommes amené-es à rencontrer chaque jour. C’est là où les autres critères, notamment d’exclusion sont importants et où la place du professionnel dans le diagnostic est primordiale.
Donc, ne vous fiez pas qu’à votre instinct, mais aussi à l’expertise des personnes formées. Seule une personne qualifiée peut faire le tri entre les difficultés du quotidien et de réel problèmes liées au TDA/H.
)

Après, malheureusement, et je suppose que c’est sous-entendu dans cet extrait, il peut y avoir de mauvais diagnostics. Mais cela n’est pas suffisant pour incriminer ce trouble. Ou en tout cas, pas avec les critiques évoquées pour le moment.

 

Autres manuels utilisés


Sachez-le : ce diagnostic n’est reconnu par aucune des classifications françaises des problèmes de l’enfance : ni la CIM10, ni la C.F.T.M.E.A. Quant à la Haute Autorité de la Santé (HAS) elle a recommandé ce diagnostic en passant par-dessus la tête des experts français, et elle s’appuie sur une classification américaine : le « DSM 5 ».


Alors … Procédons dans l’ordre. Avant de parler spécifiquement des TDA/H et de leur présence, ou non dans les classifications, arrêtons-nous quelques secondes sur celles-ci :

  • La CIM 10 est la dixième version de la Classification Internationale des Maladies. Elle a été mise au point par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et donc ne concerne pas que les troubles mentaux.
  • Le DSM 5 est la cinquième grande version du manuel Diagnostique et Statistique des troubles Mentaux. Il a été créé par l’APA (Association Psychiatrique Américaine). Il vient donc des Etats-Unis à la base, mais il est utilisé par de nombreux pays à travers le monde en psychiatrie et en psychologie clinique. Tout comme la CIM, il permet d’avoir des éléments pouvant aider à la démarche diagnostique.
  • Et la CFTMEA est la Classification Française des Troubles Mentaux de l’Enfant et de l’Adolescent. Elle a été développée par la Fédération Française de Psychiatrie. Elle aussi a évolué avec le temps.

En France, les trois manuels sont présents, peuvent se compléter et s’interconnecter, car les troubles, les prises en charge ainsi que les aspects théoriques ne seront pas forcément les mêmes. Ainsi, Alors que la CIM 10 et le DSM 5 sont axés sur les statistiques et les symptômes de la façon la plus neutre possible, la CFTMEA a une couleur psychanalytique qu’elle ne peut cacher. C’est pourquoi elle est d’ailleurs critiquée, même si ce n’est pas le sujet de l’article.

Et les TDA/H, donc ? Seul le DSM 5 en parle ? Spoiler, non.

Toutefois, cela ne sera pas sous l’appellation TDA/H. Ainsi, que ce soit dans la CIM10 et dans le CFTMEA, il portera le nom de Troubles Hyperkinétiques (avec des dénominations différentes suivant la forme des difficultés rencontrées). Comment pouvons-nous le savoir ? Tout simplement en regardant les symptômes évoqués dans les manuels, afin de voir des similitudes plus qu’évidentes entre eux. Comme dit par Shakespeare : « Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. »
Afin d’éviter de faire un pavé indigeste, je vais m’arrêter sur la comparaison des référentiels. Mais, n’hésitez pas si certaines questions restent dans votre tête, notamment sur les différences au niveau des critères diagnostiques.

Enfin, dois-je spécifier maintenant que la HAS n’est pas passée au-dessus des experts français ? Je pense que c’est évident après avoir donné ces éléments.
Mais posons-nous toutefois une petite question, cela serait-il grave ? En abrégé, à partir du moment où le consensus scientifique est établi depuis longtemps sur l’existence des TDA/H d’un point de vue international, que tous les manuels concordent sur ce point aussi … Quand bien même certain-es spécialistes s’y opposeraient, il faudrait le prouver, études à l’appui et il faudrait des choses solides.

TDAH image 2Personnellement, et cela n’engage que moi, vu le nom de l’article, la méconnaissance des critères diagnostics et des manuels, j’ai de quoi me poser des questions concernant la sincérité des auteurs.

 

Médicament et TDA/H


Ce « diagnostic » a été inventé sur mesure après la découverte de la Ritaline : il permet d’ouvrir un marché lucratif à l’industrie pharmaceutique.


Pour commencer, vérifions quand a été découverte la « Ritaline », afin de vérifier les informations de l’article. Ou devrais-je dire … Le Méthylphénidate, nom de la molécule active, car la Ritaline est celui d’un produit (comme Efferalgan et Paracétamol, si vous préférez).

Merci, Yugi, de m’accompagner dans cette partie

D’après Wikipédia, il a été découvert en 1944 et a été commercialisé en 1954 pour soigner à la base, la dépression sous le nom de Ritaline. Ce qui rend donc le lien entre les deux éléments de l’extrait caduc, car il n’a pas été donné à la base contre les troubles attentionnels ou liées à l’hyperactivité.

Concernant les TDA/H, d’après ce document de la HAS (Haute Autorité de Santé, qui est décriée dans le paragraphe), on apprend que les premières observations des troubles similaires datent des années 1920 (voire plus tôt dans cet article en anglais). Il faudra attendre 1968 pour qu’une pathologie soit spécifiquement décrite dans le DSM II sous le nom de … syndrome hyperkinétique (intéressant quand on compare avec les termes actuels, n’est-ce pas ?).

Concernant spécifiquement le méthylphénidate et les troubles de l’attention, il sera autorisé aux Etats-Unis à partir de 1955 et en France, à partir de 1995Cela rend donc hasardeux le lien direct mis dans l’article entre la création de la ritaline et le diagnostic des TDA/H, car les troubles ont été découverts bien avant la découverte de cette molécule.

Mais, revenons un peu sur cette erreur de l’article : l’invention d’un « diagnostic » pour utiliser un « traitement ».
Avant d’être sur le « marché », un médicament doit d’abord montrer son efficacité sur un problème en question. Vous imaginez bien qu’il faut au préalable avoir bien circonscrit le problème en question, que ce soit en terme de symptômes, mais aussi en terme de recherches théoriques. Créer un médicament ne s’improvise pas, et encore moins à partir de rien. Sous les airs d’un big pharma ou d’un semblant de théorie du complot, cette partie peut induire le lecteur en erreur. N’étant pas formé sur ces questions et ne voulant pas dire de maladresse, je vous conseille la lecture de l’ansm, sur les autorisations spécifiques, il vous expliquera davantage les points non abordés dans cette partie.

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Statistiques et info gratuite


Aux USA, une multitude d’enfants prennent cette amphétamine, et cela bien plus qu’en France, où la plupart des pédopsychiatres ont une formation psychanalytique. Selon les Centers for Dicease Control and Prevention (CDC) aux USA : … « Environ 11 % des enfants 4-17 ans (6,4 millions) ont été diagnostiqués TDAH à partir de 2011. »


Quand on utilise des statistiques juste pour faire plus scientifique

Effectivement, il a un pourcentage plus élevé de diagnostics de TDA/H aux États-Unis qu’en France. Mais, pourquoi donner des chiffres concernant ce pays ? Il y a peut-être plus de personnes avec un TDA/H pour une raison particulière (par exemple : population différente) ? Un meilleur diagnostic ? Plus d’abus (ou plusieurs facteurs réunis) ? Ou d’autres raisons ?

Au niveau de la formation, les auteurs sous-entendent que les Français seraient moins enclins à poser ce genre de diagnostic de par leur orientation psychanalytique. C’est une réponse qui pourrait se tenir, vu la place de la psychanalyse en France. Cependant, d’autres raisons sont tout à fait envisageables (a priori, en tout cas) pour expliquer ce phénomène. Et cela ne dit pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose pour autant.

Enfin, la source n’évoque pas les aides prescrites donc le lien direct entre la Ritaline et les TDA/H est incomplet. En France (d’après le document de la HAS), il est clairement spécifié d’autres formes de prises en charge, notamment des psychothérapies de soutien, de rééducation, de remédiation ou de psychoéducation, ainsi que des conseils aux parents et aux enseignants, etc. Il est donc possible, dans certains cas, d’éviter la prise en charge médicamenteuse.

De même, si médicalisation il y a, elle ne se fait pas n’importe comment et elle peut être arrêtée temporairement (ou totalement), voire réduite suivant les problèmes de la personne. Et surtout, elle ne s’emploie pas seule !

Citons ce même rapport de la HAS pour être plus clair :

  •  » Le méthylphénidate (MPH) est un psychostimulant dont la structure chimique est apparentée à celle de l’amphétamine, il est indiqué dans le trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) chez l’enfant de 6 ans et plus dans le cadre d’une prise en charge globale, lorsque les mesures correctives psychologiques, éducatives, sociales et familiales seules s’avèrent insuffisantes. »
  • Il est recommandé de débuter avec la dose la plus faible possible et d’adapter progressivement la posologie en fonction de chaque enfant
  •  » En cas d’absence d’amélioration après 1 mois, le traitement doit être interrompu. »
  •  » En cas de traitement prolongé chez un enfant ou un adolescent atteint de TDAH, il est recommandé d’interrompre régulièrement le traitement (au moins une fois par an) pour réévaluer son utilité. »

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Débat d’experts ?


Nous représentons 5000 professionnels de la santé mentale avec le soutien de quatorze associations de professionnels, et nous nous élevons contre ce diagnostic TDAH, non fondé scientifiquement, dangereux et récusé par nombre d’experts internationaux.


Malheureusement, le nombre ne fait pas la preuve d’une argumentation. 656 personnes à l’heure actuelle, ont signé une pétition prônant l’interdiction en France, du MODH, cela ne rend pas un argument valable (surtout qu’on a l’habitude de l’appeler autrement … À savoir H2O, ou tout simplement eau). Cette technique de rhétorique, basée sur le nombre et non sur la valeur de leur argumentation est ce que l’on appelle un sophisme, proche du biais d‘autorité, ou du “ad populum”.

Attention toutefois, on peut penser que les TDA/H ne sont pas assez fondés scientifiquement. Mais pour cela, il faut donner des arguments scientifiques étayés par des études spécifiques et participer à ce mouvement. Se positionner volontairement à part n’a rien de constructif, et encore moins de sérieux. Et ce, d’autant plus lorsque, en oppositions, les classifications changent et évoluent suivant les avancées scientifiques. Nous sommes à la cinquième grande version du DSM et à la dixième de la CIM, ce qui montre bien la plasticité des manuels. Même la CFTMEA a évolué depuis sa cration.

Certaines pathologies (et troubles) peuvent :

  • évoluer aux niveaux :
    • des critères diagnostics
    • de la prise en charge
    • et des autres aides possibles
  • changer de nom, car ils n’étaient plus conformes aux problèmes observés,
  • être inclues dans un grand groupe alors qu’elles étaient à part avant
  • être supprimées dans une nouvelle version, car elle n’est plus conforme à la recherche actuelle.

Nous en sommes relativement loin dans l’article et nous avons pu voir à de nombreuses reprises le manque de connaissances des auteurs sur ce sujet. Où sont les arguments, les sources, les études étayant leurs dires ? Quels sont les points reprochés pour faire avancer notre compréhension de ce problème ? Comment expliquer les problèmes observées ? Par quoi remplacer les prises en charge existantes ?

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l’invention des TDA/H ?


Selon Jerome Kagan, professeur à Havard : « le TDAH n’est pas une pathologie, mais une invention » … « 90 % des 5,4 millions d’enfants sous Ritaline aux USA n’ont aucun métabolisme anormal » … « certains médecins sont payés pour « la promotion de ces médicaments »… « C’est une pratique immorale et corruptrice. ». En France, le Dr Landman a montré que le TDAH n’a aucune cause biologique identifiable, ses symptômes ne sont pas spécifiques et sans marqueurs biologiques, aucune hypothèse neurobiologique n’a été démontrée.


Quand les arguments d’autorité s’emmêlent

Ce passage, sous couvert de biais d’autorité, ne nous donne aucun élément concret, hélas. Le chiffre de 90 % ne veut pas dire grand-chose, car il n’est pas sourcé plus précisément. Le point de vue de Kagan vient d’une interview (que vous pouvez retrouver ici en Anglais). Nous n’avons pas accès à l’entretien en totalité, nous ne savons pas si c’est son opinion personnelle ou son point de vue de scientifique et il est spécialisé dans d’autres questions (ce qui aurait tendance à discréditer sa parole). Et surtout, à aucun moment nous savons d’où viennent les chiffres données par l’auteur, ce qui met d’autant plus en doute sa parole.
Enfin, je me pose la question de son utilité dans le débat. Quelle est la place de cette affirmation sur la validité des TDA/H, qui plus est en France ?

En ce qui concerne le Dr Landman, il n’a pas montré qu’il n’y avait aucun marqueur identifiable. Il a donné son point de vue sur cette pathologie d’après les critères du DSM IV (et non du DSM 5) dans un livre à charge contre le DSM 5. Ce qui ne peut pas être compris, lu, analysé de la même façon qu’un article scientifique.

Concernant l’idée de marqueur identifiable, la HAS dans son rapport de 2014 donne des informations intéressantes sur ce sujet. Le TDA/H serait probablement lié à plusieurs facteurs, même si aucune cause ne se démarque véritablement pour le moment. Ceux-ci pourraient être tout aussi bien en partie génétique (notamment concernant la dopamine) comme influencés en partie par l’environnement (comme une naissance prématurée ou un faible poids de naissance). Il n’y aurait donc pas une cause unique, mais différents facteurs, comme dans la plupart des problèmes que nous pouvons observer.

Il reste beaucoup de recherches à effectuer pour mieux comprendre. Certain-es chercheur-ses pensent même qu’il existerait des causes différentes suivant le type de TDA/H (ce qui complexifie les recherches, c’est sûr). Toutefois, reprocher ce fait est un faux débat. Non seulement car chercher une cause unique est très souvent trompeur, mais surtout car cela ne donne en aucun cas des solutions.

(Petit rappel en passant, ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas comment apparaît véritablement un trouble qu’il n’existe pas pour autant. Par exemple, le fonctionnement de la plupart des myopathies découvertes aujourd’hui reste encore incomplet, voire obscur. Cela ne retire en rien les difficultés présentes chez la personne, ni la scientificité de ces pathologies.)

Traitement superficiel ?


Ce diagnostic est basé sur l’observation superficielle de comportements. Il recouvre aussi bien des problèmes sérieux, que des difficultés passagères. Et surtout, il ne fait pas de distinction entre psychose et névrose.


Comment remettre en cause les autres professionnels en restant poli

Que veulent dire les auteurs ? En quoi les observations des psychologues et psychiatres sont superficielles ? Comment faire la distinction entre problème passager et sérieux, donc ? Encore des propos énigmatiques, qui manquent d’éléments venant appuyer leurs dires.

Toutefois, cela nous permet de voir une chose : ils tiennent à défendre l’approche psychanalytique (car névroses/psychoses est la classification de la psychanalyse). Cependant, cela n’explique pas en quoi elle serait meilleure ou plus fiable que les autres points de vue et classifications. Ils sous-entendent que le travail serait plus en profondeur, mais cela n’est pas clairement évoqué et ça ne répond pas du tout au « comment ».

Si c’est grâce à l’analyse de leur inconscient, ce n’est pas vraiment une démarche que l’on pourrait qualifier de scientifique, cf. psycho-sceptique #3. Il est donc d’autant plus difficile de concevoir qu’elle soit meilleure sans donner d’argument ou de sources précises.
C’est une rhétorique assez fréquente de la part des tenants de la psychanalyse et elle renforce l’idée d’une mise à l’écart, volontaire ou non, de leur démarche.

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Médication et raccourcis


De sorte qu’avec ce seul diagnostic, les médecins vont prescrire de la Ritaline aussi bien pour des problèmes graves que pour des difficultés occasionnelles et légères. La Ritaline est classée en France comme un stupéfiant.


Il est important de rappeler que les psychiatres et psychologues français-es (sans compter les médecins généralistes, dans une certaine part) ont une formation spécifique dans la reconnaissance des difficultés, des maladies et des troubles. Iels sont donc sensibilisé-es aux problèmes liés à la complexité du diagnostic, et ce, spécialement d’un trouble mental/psychologique. Et c’est encore plus le cas lorsque nous parlons de prescrire des médicaments à des enfants en plein développement. 

Également, la prise en charge, encore une fois, n’est pas que médicamenteuse, ni forcément médicamenteuse. L’utilisation de la Ritaline dans le cadre des TDA/H est prescrite sous certaines conditions, avec des mises en garde précises, comme signifié plus haut.

Enfin, même s’il y a une grande variabilité, non seulement au niveau de la forme, que de la gravité de ce trouble chez une personne, les difficultés ne sont en rien « occasionnelles ». D’où l’utilité des critères d’inclusion et d’exclusion des manuels, afin d’éviter le plus possible de mauvais diagnostic.

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Peur du médicament


Cette amphétamine ne guérit jamais. Elle permet parfois de surmonter des difficultés momentanées, mais elle a des effets secondaires négatifs, tel que l’accoutumance aux drogues, ou un état dépressif. De nombreux adolescents drogués ont pris de la Ritaline dans leur enfance. Dans un faible pourcentage, cette médication se justifie. Mais comme tous les enfants sont mis dans le même sac par le diagnostic TDAH, ils peuvent tous être médicamentés indûment. Le danger est d’autant plus sérieux que ce diagnostic risque également d’orienter ces enfants vers des voies de garage à l’école, et de grever leur avenir.


Soyons sérieux encore un instant

Effectivement, le but de la Ritaline n’est pas de soigner, mais de réduire certains symptômes du patient, notamment sa distractibilité. Cela va non seulement aider les parents et l’équipe éducative dans leur quotidien (qui n’est, vous imaginez, pas forcément simple), mais surtout, simplifier celui de l’enfant (car c’est de lui qu’on parle. C’est lui qui a des problèmes pour se retenir de bouger, pour respecter les consignes ou pour rester concentré sur une tâche, par exemple). Rappelez-vous encore une fois, la médicalisation n’est pas obligatoire, elle ne se fait pas n’importe comment, elle peut s’interrompre et d’autres aides existent.

Concernant les effets négatifs, ils sont bien évidemment à prendre en considération avant de pouvoir émettre n’importe quelle prescription, et ce, spécialement lorsque cela concerne des enfants et des adolescents. Tous les médicaments peuvent être dangereux et avoir des effets nocifs (cf. la balance bénéfice-risque). Toutefois, il ne faut pas rejeter une aide possible pour les enfants et leurs familles, mais traiter au cas par cas les situations. C’est d’ailleurs dit par la HAS et plus récemment par Welniarz et Medjdoub en 2018.

Vérifions toutefois. Les études sur le sujet montrent que la médicalisation n’est pas un facteur favorisant les risques d’addiction ou de dépression (Gonon, Guilé, Cohen, 2010 ; Wilens et al. 2003, par exemple). Accompagnée par d’autres aides, la médicalisation a même un effet réduisant ces risques. Cela pointe bien non seulement l’intérêt potentiel de la ritaline dans un usage réglementé, mais aussi et surtout l’intérêt d’une prise en charge multiple centrée sur les besoins spécifiques de la personne TDA/H et sur la place du psy dans ce processus. Au grand dam des personnes écrivant l’article du Huffington post, d’ailleurs.

Concernant l’avenir des jeunes, il est en effet nécessaire de se questionner sur ce point, mais cela fait parti intégrante de la démarche de soin. Le travail des professionnels de santé et des psychologues ne s’arrêtent pas au diagnostic, bien au contraire. Un suivi régulier, une prise en charge réfléchie avec et pour le patient, des conseils donnés aux proches, un suivi de la médication s’il y en a une, etc. Tous ses éléments, ainsi que d’autres font partie intégrante de leur travail. Oublier ce fait, c’est oublier la richesse du métier.

Quand la politique s’emmêle


Le 29 septembre prochain, une conférence va se tenir à l’université de Nanterre en faveur du TDAH, sous le Haut patronage de Monsieur Macron et de la ministre de la santé Madame Buzyn. Le professeur G. Pommier, président de l’APLP, a demandé à intervenir dans ce débat. Aucune réponse ne lui a été faite. Il n’y aura aucun débat sur un diagnostic encore sans preuves.


Quand on essaie de cacher un boycott dans un article à charge

Le sujet principal de l’article serait-il le boycott de la conférence organisée par l’association HyperSupers à l’Université de Nanterre ? Personnellement, j’émets quelques doutes sur ce sujet (mais cela n’engage que moi). Et j’espère personnellement que cet événement a bien eu lieu comme prévu.

Pour réfléchir sur tel ou tel trouble, que ce soit sur la partie diagnostic, les aides possibles, le bien-être des personnes, ou sur d’autres impacts, il faut créer ce genre d’événements. Non seulement ils permettent d’avoir accès à des études que l’on n’aurait pas lues, mais surtout, de confronter les points de vue. Bien évidemment, ils ne sont pas la panacée non plus, mais ils permettent de répondre à certaines interrogations voire à ouvrir le débat, chose pas forcément possible via un article scientifique. Et ce, c’est sans compter l’importance de parler de ces sujets au sein de la société en règle générale (notamment pour lutter contre les stéréotypes et les idées reçues). En somme, l’appel au boycott n’est pas constructif.

Quant à la lettre de M. Pommier, (aussi co-auteur de l’article d’ailleurs), elle est pour ma part, plus offensante à partir du 2e paragraphe qu’ouverte au dialogue. Il est donc tout naturel qu’aucune réponse ne lui ait été faite par l’Université.

 

Fin de l’article et mélange


La ministre de la santé, Madame Buzyn, est l’ancienne directrice de la HAS et elle a également été en rapport avec les laboratoires. Cette « Haute Autorité » a refusé la participation d’experts psychanalystes à ses travaux.


Madame Buzyn étant enseignante chercheuse à l’Université Paris-V avant d’être nommée ministre de la Santé, il est normal qu’elle connaisse le monde de la recherche et des laboratoires. Ce passage, montre un malaise auquel les auteurs de l’article tente de résoudre. Mais je ne pense pas qu’il le fasse de la bonne façon, car ils font des liens sans en connaître son fonctionnement.

Et, concernant la HAS et la psychanalyse … j’émets quelques doutes sur ce point, et ce, pour deux raisons :

  • La première, car des parties y sont consacrées dans le rapport. On évoque ainsi la psychanalyse, l’approche psychodynamique, et même des explications selon ce référentiel.
  • Et la seconde, car aucune critique n’a été faite dessus. Autant sur le méthylphénidate, les thérapies, la remédiation, etc. il est clairement spécifié les bénéfices et les études qui parlent du sujet, autant dans les passages parlant de la psychanalyse, aucune analyse n’est faite, aussi bien positive que négative.
    Il est possible que ce flou sur les bénéfices et les limites de ces approches ne soient pas développées par manque « d’experts » sollicités dans ce domaine, certes. Mais dire que la HAS n’a pas cherché dans cette direction est a minima faux.

 


Si les avis des experts français de la CIM 10 et de la CFTEMA ne suffisent pas à la Haute Autorité de la Santé, et si elle préfère s’aligner sur le DSM 5 américain, inféodé aux industries pharmaceutiques, faut-il exiger la création d’une commission scientifique indépendante, où pourront enfin participer les experts psychanalystes ?


Concernant ce passage, mis à part le fait que leur argumentation ne soit plus valable après avoir fait le point sur la CIM10 et la CFTMEA, nous pouvons voir que des liens apparaissent dans leurs têtes entre DSM 5, médicalisation et Haute Autorité de Santé. Il est donc nécessaire de préciser certaines choses.

Le DSM 5 vient bien des États-Unis, mais, comme il a été précisé concernant la Ritaline, la HAS est claire sur ce point et reste prudente sur son utilisation, son dosage et sur son utilisation à long terme. Il est possible que les experts américains ne fassent pas cette différence et prescrivent davantage de Ritaline aux personnes que chez nous. Mais nous ne savons pas si cela est justifié ou non et nous ne savons pas si cela est vraiment le cas non plus. Précisons quand même que le DSM 5 n’est qu’un outil utilisable par les psychologues, médecins et psychiatres et qu’il n’est en aucun cas à prendre au pied de la lettre, tout comme tout autre outil (CIM 10 et CFTMEA inclus).

Enfin, concernant les psychanalystes, iels peuvent participer aux échanges et publier. Mais, pour cela, quelques conseils (qui sont valables pour chaque chercheur, bien évidemment, et ce, quelle que soit leur spécialité, leur optique, ou leur point de vue).

  • Iels doivent connaître les critères de diagnostics et les différents manuels dont il est question, quand bien même iels utiliseraient une autre classification dans leur pratique.
  • Iels doivent éviter ce genre de pseudo-argumentaire que l’on peut voir dans cet article.
  • Et, surtout, être prompt-es au dialogue, et pas au rejet par principe (contrairement à ce que l’on peut le voir dans leur article ou apercevoir dans la lettre).

 


 faut-il exiger la création d’une commission scientifique indépendante, où pourront enfin participer les experts psychanalystes ? Leurs idées et leurs pratiques ont fait leurs preuves depuis plus d’un siècle, tandis qu’aucune théorie — qu’elle soit génétique, neuroscientifique, ou comportementale — n’a jusqu’aujourd’hui donné ses preuves.


S’il l’approche psychanalytique est plus efficace, où sont encore une fois les sources ? Que pensent les psychanalystes des troubles de l’attention ? En quoi et comment leur travail est meilleur ? Les mêmes questions que précédemment sont encore à l’esprit.

Concernant les autres approches (génétique, neuroscientifique, comportementale, etc.), bien qu’il reste encore beaucoup de travail pour identifier les causes et les conséquences de cette pathologie sur l’avenir des enfants, qu’il faut davantage étudier les aides allouées et continuer à publier des études scientifiques, ces éléments en question ont quand même montré des preuves.

Certes, c’est incomplet, MAIS la solution parfaite sera toujours en recherche. Si des expert-es, quel que soit le domaine, pensent avoir LA solution, méfiez-vous. Et méfiez-vous d’autant plus lorsque l’article ne parle pas du tout en détail de ce sujet et critique sans donner de réponse. De plus, comme vous l’avez vu à travers ce long article, leur connaissance sur le TDA/H semble être biaisée, voire particulièrement superficielle.

 


Les décideurs politiques paraissent insensibles aux arguments scientifiques, ou simplement humains — ou même financiers, puisque ce que nous défendons coûterait beaucoup moins cher à la sécurité sociale que l’orientation pharmacologique et organiciste actuelle. Ils ne sont sensibles qu’aux mouvements de l’opinion. Personne ne prendra cette responsabilité à notre place.


Pour ce paragraphe-là, je ne vois rien à dire, excepté demander la source. Ce ne sont pas les politiciens qui font les manuels diagnostiques, mais les experts et des autorités spécifiques, indépendantes ou internationales. Elles sont basées sur des études scientifiques, des comptes-rendus d’experts, des méta-analyses et des compromis qui ont été établis d’un point de vue international.

Concernant les possibilités offertes par leur pratique sur les TDA/H, nous pouvons voir un problème concernant le terme de scientifique. Pour ma part, outre la démarche spécifique qui est le fondement d’une science, ce qui est d’autant plus riche est la multiplicité des angles de vue. Une même science, comme on le voit dans l’article 2 sur la psychologie, peut analyser les choses de différentes façons. Vouloir attaquer les démarches utilisées à l’heure actuelle notamment sur « l’organicisme » est non productif, car cela serait nier la place fondamentale des “organes” tels que le cerveau dans le fonctionnement humain. Se poser en victime, comme cela peut-être vu à de nombreuses reprises non plus. Enfin, attaquer des choses, sans en connaître le contenu est loin d’être un gage de sérieux.

 



Article 4

 

Pour aller plus loin, je vous conseille de regarder cette vidéo de PsykoCouac, ainsi que de lire les articles de Franck Ramus sur la polémique récente.

8 réflexions sur “Psycho-pensée #1 : TDA/H, polémique et expertise

  1. Allen Frances 18 octobre 2017 / 23 h 00 min

    « Les troubles ne sont pas créés en fonction des nouvelles molécules et/ou traitement. »

    « Concernant le reste de l’extrait, effectivement, il a plus de diagnostic de TDAH aux Etats Unis qu’en France. Mais, pourquoi donner des chiffres concernant ce pays ? Il y a peut-être plus de personnes atteintes de TDAH pour une raison particulière, un meilleur diagnostic voire, au contraire, plus d’abus (ou plusieurs facteurs réunis). »

    Hmmm.. si ce n’etait que le TDAH

    La situation sur le plan de la santé est très spécifique au état unis. Sachant qu’une grande partie de la recherche et de la pratique est privatisée et que l’industrie pharmaceutique est un acteur économique clef dans le secteur de la santé, on ne peut pas sérieusement balayer l’impact sur les critères diagnostic, d’intérêts économiques. Même si la chose parait conspirationiste, il ne faut pas pécher de prudence, mais bien observer la spécificité relationnelle existante entre des domaines tel que la santé (au niveau de la pratique et de la recherche) et les acteurs économiques clef du secteur. Je te recommande « Tous fous? » de Jean claude st Onge (Parfois pas très pertinent sur le plan clinique, mais qui au niveau socio-éco est très sourcé et pertinent).

    Je sais bien que les mecs qui vont dire « Hann c’est big pharma » sont pas pertinent et que cela ne donne pas envie de creuser un peut plus les liens effectifs qui pourraient exister entre des interets économique d’une part, et le fonctionnement de la psychiatrie américaine. Mais ducoup ca rend le debunkage inutile vu que les conspi vont interpréter l’absence de certaines analyses comme la preuve de l’aveuglement de ceux qu’ils considére comme « des moutons » ou des « agents du système ».

    Ps: je suis psy et je ne suis pas d’orientation analytique
    (c’est vrai que dans l’article il font un peu leur victimes, mais il est vrai aussi qu’il y a une tendance à la normalisation médicalisé de la souffrance psychique. Ducoup au niveau diversité tu devrait aussi geuler sur les tenant de cette vision uniformisé du soin, légitimé par la scientificité. Scientificité critiquable sur le plan épistémologique dans certaines disciplines intégrant : des variable trop complexe pour être à la etudié dans des condition de labo ou traduies en valeurs statistiques, l’étude de systèmes ouverts, des phénoménes si complexes qu’ils ne peuvent être opérationnalisés..ect [Après ca n’empêche pas la rigueur intellectuelle hein !]

    Bref ca reste quand même très cool ce que tu as écrit, chacun devrait commencer par critiquer sa chapelle (et les psycha on du boulot) dans l’idéal, on ferait avancer la recherche beaucoup mieux. (Moi aussi je suis un peut naif 😉 )

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    • pensées psycho-sceptiques 2 janvier 2018 / 21 h 53 min

      Bonjour,

      Je te remercie pour ton commentaire, il permet de creuser un peu la question et je vais essayer de te répondre en quelques mots.
      Tout d’abord, effectivement, il est possible que le plan de la santé aux Etats-Unis soit différent. Je n’ai pas creusé mais je ne pense pas que cela soit utile et cela, pour une raison simple. Tous les manuels de diagnostics parlent des TDAH. Certes, il y a une appellation différente, mais ce trouble reste un élément important. En plus, comme j’ai tenu à le souligner à de nombreuses reprises, la médicalisation n’est pas obligatoire, il existe d’autres aides possibles, en tout cas en France.

      Bien évidemment, je ne pouvais pas prendre en intégralité la pathologie et parler de sa compréhension à travers le monde entier, car la polémique était purement française et sur des points non compris sur les critères (d’où mon article, en fait). Cela était peut-être une erreur et il est possible que des personnes restent bloquer sur certaines phrases voire manques de mon article. Mais sur ce point, je ne peux pas faire grand-chose, malheureusement. Je peux préciser dans un autre article la situation sur les adultes ou les autres aides possibles en question, par exemple, ou sur les différences au niveau des critères diagnostics, comme je le propose dans mon article.

      Concernant ton second point, sur la médicalisation de la souffrance, j’y reviendrais sur un article à part entière car il y a beaucoup à dire, que ce soit sur les études en question, la médicalisation en tant que telle, les aides disponibles au sens large et la place du psy (pour faire simple), dans cette histoire. Cependant, il faut garder à l’esprit que la psychologie est une science, et qu’elle a besoin d’outils normés et qu’il ne faut pas négliger des aides potentielles possibles, même si nous, psychologues, nous ne prescrivons pas des médicaments.

      J’espère que ces quelques précisions seront utiles et je reviendrais bientôt sur certains points dans des articles spécifiques. Dans tous les cas, je te conseille déjà de lire les psycho-sceptique #1 et #2. Je pense que ça t’aidera déjà à mieux percevoir ce que je pourrais compléter à l’avenir.

      Cordialement,
      PPS

      Psycho-sceptique #1 : https://penseespsychosceptiques.wordpress.com/2016/12/13/psycho-sceptique-1-la-science-le-consentement-et-le-reste/
      Psycho-sceptique #2 : https://penseespsychosceptiques.wordpress.com/2016/12/26/psycho-sceptique-2-les-psys-la-psychologie-vocabulaire/

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  2. Ardes 26 octobre 2017 / 16 h 28 min

    Une démarche louable, un article intéressant et riche. Peut-être trop riche sur certains points car des domaines qui te semblent évident ne le sont pas forcément pour le grande public. J’avoue que sur certains points, j’ai perdu le fil et j’ai essayé de m’accrocher sur le fond.
    Peut-être qu’un article qui scinderait et traiterait à part de ce qu’est un TDAH aiderait à assimiler mieux le propos. C’est peut-être en cours cela dit.
    Cela pourrait aider quant à la clarté du propos et rendrait le tout plus digeste, plus impactant.
    Quant à la portée psychanalytique des auteurs de l’article, force est de constater que, encore une fois, il y a bien un conflit entre psychologues et psychanalystes. Ces derniers reprochant à la psychologie ce qu’eux-mêmes ne font pas.
    C’est intéressant de voir ce changement de mesures dans leur discours en fonction du public cible.
    Il serait de bon ton que la psychanalyse commence par se réviser déjà elle-même dans son propos quand on voit les erreurs que tu as relevé dans la première partie de ton article.
    Ce qui me conforte dans l’idée qu’un article sur la psychanalyse et son histoire ne serait vraiment pas superflu.
    Cordialement.

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    • pensées psycho-sceptiques 12 décembre 2017 / 15 h 15 min

      Je te remercie pour ce commentaire et pour tes retours. J’avais prévu de parler des tdah mais peut-être pas forcement de cette façon, il est vrai.
      Je vais réfléchir à la question et voir comment rendre le contenu plus compréhensible.

      Merci encore une fois pour tes retours constructifs,

      Cordialement,
      PPS

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      • pensées psycho-sceptiques 21 décembre 2017 / 15 h 45 min

        J’essayerai de faire plus attention à l’avenir et peut-être que je ferai un complément à l’article sur les TDAH pour parler de la ritaline rapidement. Je ne suis pas calé sur ce domaine (vu qu’un psychologue ne prescrit pas de médicament) mais je peux faire des recherches.
        N’hésite pas si tu as des questions spécifiques dessus.

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  3. crayongra 11 décembre 2017 / 22 h 05 min

    J’ai eu de longues discussions sur la psychanalyse avec de fervents défenseurs de la pratique, qu’elle ait selon eux abouti ou non à un résultat positif sur leur personne.
    Quand j’évoque la scientificité, on me rétorque que là n’est pas le problème, qu’aucun psychanalyste sérieux ne se revendique de la science, et que ce qui compte ce sont les résultats.

    Mettraient-ils en doute le sérieux de ces psychanalystes universitaires ? On n’utilise le statut de science que quand c’est arrangeant…

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    • pensées psycho-sceptiques 11 décembre 2017 / 22 h 16 min

      Je ne pourrais pas dire comment ces personnes réagiraient.
      Dans tous les cas, des professionnels de santé qui ne connaissent pas (ou ne veulent pas connaitre) les manuels de diagnostics, ça a tendance à me faire mal.

      Concernant la scientificité ou non de la psychanalyse, les tenants de ce courant de pensée ont tendance à avoir trois positions différentes :
      > soit dire que leur démarche est au dessus de la science (car ça permettrait de faire un travail « plus fin »), sans véritablement donner d’éléments importants.
      > soit dire que c’est de la science (sous couvert de faire de la psychologie clinique, de la psychiatrie, généralement)
      > soit s’y détacher totalement.
      Dans tous les cas, leurs démarches manquent d’éléments probants. Et concernant un détachement total, il y a de quoi se demander en quoi ces personnes « soignent ».

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