Psycho-sceptique #2 : les psys, la psychologie, vocabulaire

S’il y a bien un métier particulièrement mal compris, c’est, à mon sens, celui de psychologue. Qualifié de simple par certains « ouais, tu ne fais qu’écouter les autres, quoi », simplifié par d’autres « tu t’occupes des fous, c’est ça ? », voire idéalisé au rang de « sauveurs », on nous confond souvent avec psychiatres, psychanalystes et psychothérapeutes. Un petit point s’impose.

J’avais failli oublier celui-là, merci internet

Les différents psys : critères et formations

  • Le psychiatre

C’est un médecin. Il a donc fait des études de médecine et s’est spécialisé, en fin de cursus, dans le domaine de la psychiatrie. Et cela mis à part, d’autres différences ?
> Il peut prescrire des médicaments. Cela vous semble peut-être un détail, mais ce n’est pas le cas. Prescrire est un acte médical qui ne s’improvise pas. Seul un médecin, quelle que soit sa spécialité, est suffisamment formé à les délivrer sans danger.
> Son statut de médecin lui procure davantage de responsabilités dans la démarche diagnostique. Et ce, même si les prises en charge sont multiples et les réunions pluridisciplinaires.
> Et il est spécialisé dans l’aspect de soin, c’est-à-dire qu’il travaille dans des hôpitaux, des cliniques, voire en libéral. Il peut aussi intervenir dans des associations, mais toujours dans un versant de soin. D’ailleurs, ses séances peuvent être, en partie remboursées, ce qui n’est pas le cas pour tous les psychologues.

 

  • Le psychanalyste

C’est un titre … Fourre-tout. Un psychiatre, un psychologue et un psychothérapeute peuvent tout trois être psychanalystes à condition d’y avoir été formé. Ce métier fait référence à un courant théorique, à savoir la psychanalyse, qui regroupe plusieurs visions différentes. Il n’a pas de véritable statut juridique et sa profession n’est pas réglementée par la loi. Le psychanalyste peut cependant exercer sous certaines conditions en libéral, même sans avoir le titre de psychologue ou de psychiatre. La formation reste encore à éclaircir. Avant, il fallait avoir suivi une cure psychanalytique (que l’on appelle didactique) pendant au moins deux ans et être encore suivi au moment de la pratique. Par ailleurs, faire partie d’une association de psychanalyse était également un point important. Aujourd’hui, des écoles privées proposent des cours en plus de la cure. Certaines universités publiques ont aussi une ou plusieurs formations sous la mention psychanalyse (comme à Paris8 ou à Montpellier3), cependant cela reste encore marginal. Mais, encore une fois, le titre de psychanalyste n’est pas reconnu par la loi, les chemins d’accès à la professions étant multiples.

 

  • Le psychologue

Il doit avoir une licence ainsi qu’un master de psychologie et avoir eu au moins 500h de stage auprès de psychologue(s) praticiens afin de valider le titre. Notons toutefois que le niveau universitaire pourrait être amené à changer avec le temps. D’un bac+5, il faudrait potentiellement d’ici quelques années, un bac+8 afin d’avoir accès au titre de psychologue. Ils possèdent tous un numéro ADELI qui doit apparaître sur tous les papiers officiels fournis par le professionnel (cf. article 20 du code de Déontologie). Tout comme le métier de psychiatre, ce métier est réglementé. Il peut intervenir dans plusieurs terrains différents, et donc travailler dans des secteurs très diversifiés.

 

  • Le psychothérapeute

C’est un titre réglementé depuis 2009-2010, qui est plutôt une précision donnée aux praticiens déjà réglementés ET (d’après ce site), potentiellement aux psychanalystes, à certaines conditions. Dans tous les cas, cette appellation reste floue car elle regroupe des métiers et des courants divers. De même, mise à part une obligation d’être inscrit sur le registre des psychothérapeutes et la précision sur le versant de soin, il n’apporte pas de réels éléments. Cependant, cette profession étant réglementée depuis peu, elle sera sûrement amenée à évoluer avec le temps. Pour ces raisons, je vous conseille donc de faire attention et de demander la formation du psychothérapeute. Cela vous aidera pour construire et poursuivre une thérapie avec lui.

 

  • Le psychopraticien

Profession nouvelle (cf. le site psychologies.com), elle n’est nullement réglementée par la loi. Elle remplace, en quelque sorte, celui de psychothérapeute, lorsque celui-ci n’était pas réglementé. Et, comme anciennement pour ce dernier, il existe des formations pour y accéder, MAIS avec aucune incidence légale. Cela me gêne d’ailleurs particulièrement pour deux raisons :

  • La première est qu’il n’est pas réglementé, laissant la possibilité à une personne totalement novice dans le domaine de la psycho d’exercer dans un cadre privé. Cela peut entraîner des soucis, notamment par manque de formation. Même en partant d’un bon sentiment, on peut être dangereux, spécialement par manque de connaissances. Après, une personne débutante peut très bien savoir comment écouter/conseiller la personne qu’il a en face de lui et savoir comment se documenter.
    Cependant, pour la même raison que je préfère aller voir un médecin plutôt qu’un chaman lorsque je ne me sens pas bien, je préférerais aller voir un psychologue ou un psychiatre (donc une profession réglementée, ayant suivi une formation), si j’avais besoin de parler à quelqu’un. Egalement, lorsque je parle de formation, je parle bien évidemment d’une formation avec un regard scientifique. Mais cela, nous le verrons bientôt.
  • Et la seconde, cela peut devenir une façon de cacher des personnes potentiellement dangereuses n’ayant aucune forme d’éthique face à leurs patients. Même si avoir un code de déontologie ne permet pas de nous prémunir forcément de ce genre d’abus, il permet au moins de se baser sur des valeurs communes. Et donc, de permettre des poursuites, ou une meilleure connaissance de la pratique « normale » afin de respecter les personnes.
    Donc là encore, il est important de lui demander sa formation. Bien qu’à mes yeux, cela ne soit pas suffisant, c’est déjà un bon début.

 

La psychologie, plus concrètement

Maintenant que ce « petit » point est fait, revenons à la psychologie :

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Un psycho…Kwaah ?

Tout d’abord, c’est un domaine de connaissance très étendu. Souvent, on le découpe en sous-domaines, afin de voir les choses de façon plus précise (même si la délimitation n’est que fictive, tout comme en médecine où il est plus raisonnable de séparer les choses afin de mieux les comprendre par la suite).

En très simplifié, nous pouvons définir la psychologie comme la « science de l’esprit et des comportements humains, que ce soit dans une perspective individuelle, sociale, personnelle, pathologique ou développementale ».

Elle est souvent réduite à son aspect purement « clinique », mais cela n’est pas son seul axe de travail. En effet, non seulement ce n’est pas sa seule facette, mais ses courants ont tous aussi un versant recherche. Voyons les ensemble :

La psychologie cognitive
Elle cherche à comprendre les mécanismes cognitifs de l’humain tels que l’intelligence, l’attention, la perception, le raisonnement, etc. Elle peut aussi amener des éléments, des outils, ou encore des appuis théoriques, afin d’aider la clinique avec les TCCE par exemple. Mais les domaines d’exercice de cette spécialisation restent vaste : ergonomie, user researcher, ux writing, etc.

La psychologie sociale :
Elle s’intéresse, en très simplifié, aux interactions entre un individu et un de ses groupes sociaux, entre lui et d’autres communautés et entre des groupes. Il peut travailler dans les entreprises, ou sur des thématiques spécifiques (comme les discriminations hommes/femmes, certaines problématiques sociétales ou encore la sécurité routière).

La psychologie du développement :
C’est une branche de la psychologie qui cherche à comprendre le développement des individus, de la naissance à la toute fin de vie. Cela prend aussi bien en compte leurs capacités, leur vision des choses, leurs objectifs de vie ou encore leurs difficultés. Ses applications peuvent donc être très variées car elle concerne les enfants, les adolescents, les adultes, les personnes vieillissantes ou encore porteuses d’un handicap ou d’un trouble spécifique.

La psychologie clinique :
Elle se spécialise dans la démarche de soin, c’est-à-dire qu’elle cherche à aider les patients dans leurs difficultés et à les soigner ou au moins les accompagner, plus ou moins temporairement dans leurs difficultés. Elle peut utiliser des outils et des modèles théoriques de différents courants : TCCE, humanisme, positivisme, gestaltisme, psychodynamique, systémique, familiale, Palo-Alto, etc.

La neuropsychologie :
Généralement axée sur la démarche clinique, elle se spécialise dans le développement du cerveau et de ses problèmes. Entre autres, elle essaie de comprendre et de prendre en charge des maladies spécifiques, comme Alzheimer ou Parkinson, des particularités neuroatypiques telles que les TSA ou les TDAH, mais aussi des traumatisés crâniens (liés à un AVC, un accident/chute …).

En somme, la psychologie est un domaine très vaste qui regroupe beaucoup d’éléments et de courants différents. Sa pratique ne s’arrête pas à la clinique, bien qu’elle reste un aspect très important.

 

Article 2 (1)

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